Natura Palm

Deux ravageurs invisibles, que rien n'arrête durablement

Les larves détruisent le palmier de l'intérieur, sans signe visible pendant des mois, et le commerce des palmiers les transporte d'un pays à l'autre.

Le palmier, une ressource et un patrimoine

Le palmier nourrit les oasis, fait vivre des pépinières et des villes touristiques, dessine le littoral. Partout, les mêmes insectes le menacent.

ÉchelleCe que représente le palmierRepères chiffrésRavageur dominant
Proche-Orient et Afrique du NordLe dattier, culture vivrière et revenu des oasis0,95 million d'ha de dattiers, 48 millions de palmiers de moins de 20 ans (FAO, 2017)Charançon rouge
Europe du SudPalmiers d'ornement, pépinières, sites patrimoniaux, palmiers indigènes raresPalmeraie d'Elche classée par l'UNESCO ; Phoenix canariensis endémique des Canaries ; Phoenix theophrasti en Crète et en TurquieLes deux
FrancePaysage du littoral, villes, jardins, hôtels et campings150 000 Phoenix sur la Côte d'Azur en 2007 ; le palmier nain, seul palmier indigène, protégé depuis 1982Les deux
Palmeraie de dattiers dans une oasis
Photo : Leyipe213, CC0, Wikimedia Commons
Palmiers Phoenix le long de la promenade des Anglais à Nice
Photo : Cayambe, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons

Deux ravageurs, un même mode d'action

Ce n'est pas l'insecte adulte qui tue, c'est sa larve, cachée dans le stipe.

Charançon rouge (Rhynchophorus ferrugineus)Papillon palmivore (Paysandisia archon)
NatureColéoptèrePapillon
OrigineAsie du Sud et du Sud-EstArgentine, Uruguay, Paraguay, sud du Brésil
Aire actuelleAsie, Golfe, Afrique du Nord, Europe méditerranéenne, Caraïbes, Amérique du Sud depuis 2022Europe du Sud, et désormais jusqu'en Ukraine
Ce que font les larvesCreusent le cœur du palmier ; la couronne s'effondreCreusent le stipe et la couronne pendant 10,5 à 18,5 mois, souvent sans symptôme
Palmiers visésDattier, cocotier, palmier à huile, Phoenix canariensis surtout ; une quarantaine d'espèces38 hôtes, dont Trachycarpus, Chamaerops, Phoenix, Washingtonia
Larves et adultes de charançon rouge extraits d'un palmier
Photo : Luigi Barraco, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons
Chenille du papillon palmivore, spécimen du Muséum de Toulouse
Photo : Didier Descouens, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

Une progression continue

En quarante ans, le charançon est passé du Golfe à l'Amérique du Sud, et le papillon de la Méditerranée à l'Europe centrale.

  1. Le papillon est signalé en Suisse, en Hongrie, en Ukraine, en Bulgarie, en Croatie et en Slovénie (EPPO).
  2. Le charançon atteint l'Argentine, en urgence phytosanitaire jusqu'en juin 2027.
  3. Nouveau foyer de charançon en Bretagne.
  4. Le charançon arrive en Uruguay.
  5. Palmeraie d'Elche : 119 palmiers touchés par le charançon et 309 par le papillon en six mois.
  6. Canaries : éradication du charançon déclarée, après 659 abattages et 209 547 palmiers traités.
  7. Le charançon arrive en France : Corse-du-Sud, Var, Alpes-Maritimes.
  8. Le papillon arrive en France, à Hyères et Toulon, puis dans l'Hérault en 2002.
  9. Le charançon est détecté dans le Golfe, aux Émirats ; il couvre ensuite presque tout le Proche-Orient et l'Afrique du Nord.

Pourquoi les moyens actuels échouent

Chaque solution existante bute sur au moins une limite : la détection, le champ d'action, l'efficacité, la loi ou le prix.

La larve est cachée

Elle vit dans le stipe. Drones et caméras thermiques ne voient que les stades avancés ; un palmier peut être vendu déjà infesté.

L'insecticide ne vise qu'un ravageur

L'injection d'émamectine ne protège que du charançon, ne s'applique en France que sous arrêté préfectoral, et la substance est très toxique pour l'abeille.

Le biocontrôle est partiel

L'Anses qualifie l'efficacité d'OSTRINIL de « variable et partielle ». Les nématodes demandent 7 à 10 passages par an.

L'État se retire

Fin de la lutte obligatoire en France contre le papillon en 2020 et contre le charançon le 01/11/2025 ; la Toscane l'avait levée en 2018.

Protéger coûte plus qu'abattre

Sur 10 ans, le biocontrôle d'un palmier coûte 2 000 à 4 300 €, un abattage 470 à 2 280 €. Les particuliers arrachent leurs palmiers (DRAAF Occitanie, décembre 2025).

Le besoin non couvert : une solution naturelle, utilisable sans arrêté, qui atteigne les larves des deux ravageurs dans le stipe, à un coût inférieur à celui d'un abattage.